
le 26/01/2008
Samedi, repos comme prévu. Et ce n’est pas un luxe, vu la journée d’hier. Que l’on soit en pleine ville ou dans le Grand Nord, il y a des jours avec… et il y a des jours sans. Pour Stéphane, en petite forme dès le lever, c’est à cette seconde catégorie qu’appartenait la journée d’hier. Elle avait mal commencé, Stéphane n’ayant pas très bien dormi.
Une mauvaise surprise l’attend au lever : « La température est beaucoup remontée dans la nuit. Dès le début de la journée, je me suis retrouvé confronté à la slutch, omniprésente. » Ce mélange de glace et d’eau, véritable cauchemar des aventuriers du Grand Nord, laissait pourtant Stéphane tranquille depuis quelques jours. Mais elle n’avait pas disparu, elle était prisonnière entre l’épaisse banquise et la fine couche de glace externe, apparue avec le froid de ces derniers jours. Mais avec le redoux, la couche externe se fragilise et se brise lorsque Stéphane passe en ski. La slutch est alors libérée. Stéphane s’y enfonce, elle se colle aux skis et gèle instantanément, rendant la progression très difficile. Résultat, le début de la journée tourne au cauchemar : entre 9h30 et 14h00, Stéphane ne pourra parcourir que trois kilomètres !
Heureusement, les choses s’arrangent un peu après la pause-déjeuner : « le froid est revenu et j’ai retrouvé un peu de glisse. Mais il a fallu que je continue à progresser pendant la nuit pour rester dans les temps. J’avais pour objectif de rejoindre la rive Nord du lac Inari Jarvi, ce que l’ai finalement pu faire. J’étais fatigué et je me demandais si j’allais trouver un endroit correct pour poser ma tente. Heureusement, je suis tombé sur une cabane de pêcheurs. Je m’y suis installé et j’ai pu passer la nuit au chaud avec Taïga ». Bref, la journée de galère a un heureux dénouement.
La chienne a elle aussi bien profité de la journée de repos. « Elle me surprend », nous explique Stéphane, « Après la journée d’hier, particulièrement difficile, que nous avons fini en marchant deux heures dans la nuit, elle était toujours partante ! Malgré son jeune âge – elle a deux ans -, Taïga fait preuve de beaucoup de maturité. Elle a pris un bon rythme : dès que nous faisons une pause, elle se met en boule pour récupérer. Elle est vraiment volontaire. »
Finalement, la météo est l’élément de l’expédition qui inquiète le plus Stéphane : « depuis mon départ, il y a presque dix jours, j’ai rencontré des fluctuations météorologiques très importantes. Je n’avais jamais connu cela lors de mes précédentes expéditions hivernales, ou il faisait toujours en-dessous de 0°C. Aujourd’hui, le froid est revenu et il fait à nouveau -20°C, avec un ciel dégagé. Cela promet une belle piste pour demain. »