Interview de Stéphane Guist'hau


40 jours dans la nuit polaire.

Stéphane Guist’hau a toujours été passionné par la nature. Mais attention, pas n’importe laquelle : la vraie, la totalement sauvage. Amateur d’expéditions en solitaire, il va parcourir entre le 10 janvier et le 18 février 550 km en solitaire dans le Grand Nord. Enfin, pas si solitaire que cela puisqu’il sera accompagné d’un chien-loup et de moyens technologiques permettant de suivre son expédition en temps réel. Interview en plein préparatifs.


D’où vient votre passion pour le Grand Nord ?

J’ai commencé vers 17 ans à explorer les pays africains. Mes deux frères, eux aussi passionnés par la Nature, ont exploré le monde chacun de leur côté. Puis nous avons décidé de vivre une aventure ensemble. Nous sommes partis en Alaska où nous avons construit notre cabane, pêché, chassé et survécu pendant 4 mois et demi. Aller près du Cercle Polaire me permet de renouer avec la Nature, de vivre d’extraordinaires moments d’authenticité.


Comment avez-vous établi votre itinéraire ?

J’ai créé mon itinéraire presque comme on le ferait pour une randonnée classique : j’ai défini une route en suivant les grands axes naturels disponibles (essentiellement les lacs et les rivières) et en évitant au maximum les passages forestiers, plus durs à traverser en hiver. Cela m’a donné un petit millier de points de repère (waypoint) que j’entre dans mon GPS. L’expédition durera 40 jours durant lesquels je vais parcourir 550 km.


40 jours pour 550 km, cela fait entre 10 et 15 km par jour en moyenne, ce qui ne représente pas grand-chose…

Ce n’est effectivement pas beaucoup sur des pistes ou des sentiers balisés. Mais Là, je serai pendant l’intégralité de l’expédition en hors-piste… et c’est nettement plus compliqué ! Dans ces conditions, il est irréaliste, voire dangereux, d’espérer faire plus de 10 à 15 km par jour. Les GPS Garmin vont me permettre d’optimiser mes différents temps de parcours et de m’orienter au quotidien sur les grands lacs, dans la forêt ou sur les banquises. Il est primordial que je sache exactement où je vais car j’ai une autonomie fixe de 40 jours. Au-delà, je n’ai plus rien pour me nourrir.


Qu’emmenez-vous pour cette expédition ?

Je pars avec un moral d’acier, de l’équipement et un chien-loup. A nous deux, nous transportons tout ce dont nous avons besoin pour l’expédition. La journée est sportive : des habits chauds mais adaptés afin de ne pas rester humide si je transpire, des skis et des raquettes pour les passages les plus difficiles. Pour le soir, du textile adapté au grand froid et une tente de très bonne qualité. Sans oublier, bien sûr, l’équipement électronique : les GPS Garmin (1 GPSMap 60 Csx et un zümo), un téléphone mobile et un dispositif de géo-localisation de marque Beacon permettant de me suivre en temps réel durant toute l’expédition.


Dans une expédition comme celle-ci, le froid est-il votre principal ennemi ?

Non, bien au contraire ! Le véritable ennemi, c’est la chaleur. Il faut qu’il fasse froid, très froid. En cas de redoux, je risque de croiser ce qu’on appelle du « pack », c'est-à-dire des rivières gelées partiellement dégelées, dont la surface, constituée de gros blocs, n’est plus plane. Il est alors impossible de passer. Autre risque, la fragilisation de la glace et sa fonte partielle en cas de température positive. Marcher ou tomber dans l’eau lors d’une expédition est l’un des plus gros risques. Il faut réagir très rapidement ; se rouler dans la neige pour qu’elle absorbe un maximum d’eau, allumer un feu et enfin se changer.


Plus d'infos sur www.guisthau.com